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L'éthique des Oiseaux Rares
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Bio ? Equitable ?


Je suis orientée vers le bio depuis mon adolescence, même si cela n'a pas fait partie de la culture familliale. En revanche, la gastronomie et la bonne chère marquaient le paysage quotidien des sept énergumènes que nous étions... Mon père et ma mère revêtaient tour à tour leurs grands tabliers blancs que ma mère cousait, pendant que mon père vendait le nécessaire pour installer hôteliers et restaurateurs...


A peine nés, mes quatre frères et soeurs et moi tombions tour à tour dans les casseroles ! Nous ne parlions pas "biologique", car cela n'était pas encore trop d'actualité, mais les vendeurs des marchés de Colmar connaissaient le goût et l'exigence prononcés de mes parents pour les produits frais et de qualité.


Aujourd'hui, mon garde manger se compose bien sur de produits biologiques, mais pas exclusivement, car j'estime qu'il est parfois plus écologique d'aller faire une course en face de chez soi en conventionnel, plutôt que de prendre son véhicule et de faire des kilomètres pour chercher un ingrédient qui n'a du coup de bio plus que l'étiquette ! Pour moi aujourd'hui, tout est question de LOGIQUE DE CONSOMMATION. On fait du bio équitable qui fait le tour du monde en avion... on vend des produits "bio" qui ont traversé deux fois la France en camion diesel alors qu'on trouve l'équivalent à quelques kilomètres de chez soi. Qu'est-ce que le bio ? Une démarche humaine et logique, un acte responsable, ou une étiquette ? Pour moi, c'est une accumulation de gestes individuels et quotidiens faisant appel à notre conscience écologique et à une bonne dose de logique. Ces gestes et réflexions peuvent et doivent venir des producteurs, des consommateurs, mais leur tâche serait grandement facilitée par une volonté politique...


Lorsque je me suis installée en 2000, un producteur de maïs touchait 3000 francs de subvention à l'hectare, pour cette production des plus polluantes... cela na pas beaucoup changé, et les producteurs biologiques doivent toujours payer pour faire du bio...! Non sens, hypocrisie... à quand cette volonté politique ? La priorité est-elle de sauver la planète ou les intérêts des grandes firmes agro-alimentaires, pharmaceutiques, et de leurs actionnnaires ?


A quand des subventions pour la production de sucre de betterave biologique pour une consommation locale, qui éviterait de faire importer par bateaux des milliers de tonnes de sucre de canne du Brésil... avec tout ce que cela implique au niveau écologique et humain ? A quand la défense des installations des petits agriculteurs de montagne ? A quand le soutien aux petites productions biologiques ?


Je défends bec et ongles (d'oiseau rare!) le bio, et tous mes collègues et amis qui y adhèrent. Mais je fais le choix de ne pas m'y affilier. Parce que je n'ai pas envie de payer pour faire un produit de qualité quand on paie ceux qui polluent... parce que j'estime qu'il y a aujourd'hui autant de non sens dans le bio qu'ailleurs (voir le bio de supermarché...) et parce que je n'ai jamais aimé les institutions, quelles qu'elles soient... Je m'efforce juste de faire au mieux avec toutes ces contradictions dans une jungle parfois sans foi ni loi... rarement très parfait, en somme, mais au mieux, toujours...


En bref, mes produits n'ont pas l'étiquette bio, mais je les fais pour vous, bons pour le corps, et bons pour l'esprit !!!
Belles découvertes, belles réflexions, beaux échanges fructueux à nous tous.

 

 

26 février 2018 : J'ai écrit ce texte il y a bien longtemps... à l'heure ou tout cela n'était pas encore à la mode, où le terme "Locavore" ne s'entendait pas encore, ni celui de "proximité", "consommer local" etc... Depuis, les supermarchés se sont emparés largement du bio, et commencent allègrement à s'emparer de la manne du "local", avec de grands discours, de grandes banderolles, et des parkings pleins comme des oeufs de nos voitures pas écologiques ni locales du tout... La vie va...

Quant à moi, j'ai réalisé mon objectif, définitivement, j'espère, de passer du sucre de canne bio au sucre de betterave. Nous mangeons fièrement du sucre de canne bio mais le prix en est cher... paysages détruits, populations envoyées dans les bidonvilles, pollution des transports, maltraitances humaines etc... J'ai été prête à passer au sucre conventionnel après avoir vu une émission sur France 5 à 2h du matin (bien sur!), émission que je vous recommande très vivement : "Cargos, la face cahée du frêt"... tellement décapante qu'elle reste introuvable, avis à ceux qui y parviendraient ! Le sucre de betterave est un produit local avec un coût plus élevé bien que fabriqué en Europe, particulièrement en Allemagne. J'en trouvais depuis quelques années ponctuellement masi le marché semble s'ouvrir face à la demande... tant mieux ! Raffiné ? Oui, bien sur, c'est de la betterave, mais est-ce qu'on cherche la diététique lorsqu'on mange du sucre ? Certainement pas ! Pour ma part, j'en utilise le moins possible pour garantir la conservation et mettre en valeur les goûts. Rien de plus. Rien de moins.

 


 

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